HAPPY FEW, UN PLAISIR
mercredi 01.09.2010, 06:00 - Direct Lille
Happy Few est un film d'auteur réussi.
| CINÉMA |
Happy Few : un film poétique sur la nature humaine, à la limite du documentaire. Caméra à l'épaule, le réalisateur Antony Cordier - venu présenter hier en avant-première son film à l'UGC de Lille - emporte le spectateur dans l'intimité de deux couples qui se rencontrent et tombent amoureux l'un de l'autre.
Rachel (Marina Foïs) et Teri (Élodie Bouchez), les deux pièces maîtresses de l'intrigue, fascinent par l'essence de leur personnalité. La première, cérébrale, fermée, mystérieuse. La seconde, naturelle, sauvage, physique. Des oppositions qui les lient et surtout, qui les complètent aux yeux de Franck (Roschdy Zem) et Vincent (Nicolas Duvauchelle), leurs conjoints.
Sans aucune pudeur, Antony Cordier s'introduit dans la vie de ces couples. Avec une poésie brutale mais sensible, envoûtante mais déconcertante. Rien n'est laissé de côté. Les dialogues, la mise en scène sont naturels et sans artifices. La nudité des corps est constante. Un exercice périlleux qu'il arrive à ne pas rendre vulgaire. Le plaisir des sens, la vérité sans aucun artifice arrivent à justifier cette situation presque adultère.
Happy Few est aussi une critique sociale. Une façon de décrire l'individualisme dans le couple. L'envie d'être à deux sans pour autant dire adieu à sa liberté et ses envies de connaître autre chose. Comme Rachel le dit au début du film : « Dans la vie, même si on est très heureux, on espère toujours que quelque chose va arriver, que quelque chose va faire diversion ». q
X. S.
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