LA COHUE DES JOURNALISTES
mercredi 22.02.2012, 06:00 - Direct Lille
DSK est notamment accusé de complicité de proxénétisme.
| DSK EN GARDE À VUE |
Toute la journée, une flopée de journalistes a fait le pied de grue devant la caserne, boulevard Louis-XIV à Lille, où Dominique Strauss-Kahn a été placé en garde à vue pour « complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée » et « recel d'abus de biens sociaux ».
Mais ni Dominique Strauss-Kahn ni son avocate Frédérique Beaulieu, présente lors de la garde à vue, n'ont souhaité s'exprimer. À la pause déjeuner, les commerces du Bois Habité étaient d'ailleurs assaillis par les journalistes affamés. La sandwicherie Fast Hoch, au 59 bld Louis-XIV, était pleine. Le gérant se frottait les mains : dès le matin, cameramen et rédacteurs en quête d'infos se succédaient pour se ravitailler en café.
Les interrogatoires se sont interrompus à 13 heures, selon Nord Éclair : maître Beaulieu est alors sortie, toujours muette, pour déjeuner, alors que DSK aurait commandé une pizza.
Sa garde à vue était prolongée de vingt-quatre heures en début de soirée sur décision d'une juge d'instruction. Cette nuit, DSK a donc dormi dans les locaux, refaits à neuf mais spartiates, de la gendarmerie, boulevard Louis-XIV à Lille. Il devrait être gardé à vue quarante-huit heures en tout, donc jusqu'à demain matin.
Il a été interrogé par une dizaine de policiers locaux et parisiens, supervisés par Magali Caillat, directrice adjointe de la police judiciaire lilloise.
L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) était également sur place dès son arrivée pour questionner DSK sur ses relations avec le commissaire Jean-Christophe Lagarde, ex-chef de la sûreté départementale du Nord, mis en examen pour « proxénétisme aggravé et recel d'abus de biens sociaux », et l'ex-patron de la police nordiste Jean-Claude Menault.
Les enquêteurs ont également cherché à savoir si Dominique Strauss-Kahn savait que les escort-girls qui participaient aux fameuses parties fines à Paris et à Washington étaient des prostituées. Ces femmes, dont deux se sont portées partie civile, étaient présentées par l'ancien directeur d'une filiale d'Eiffage David Roquet, et par Fabrice Paz-kowski, autre chef d'entreprise nordiste.
À l'issue de sa garde à vue, l'ancien patron du FMI peut être libéré sans poursuites, ou être déféré devant les juges, qui susceptibles de le convoquer ultérieurement. Il risque ensuite d'être poursuivi pour complicité de proxénétisme et recel d'abus de biens sociaux, infractions passibles respectivement de vingt ans de réclusion criminelle et cinq ans d'emprisonnement.q
Plana Radenovic (avec AFP)
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