SANTÉ UNE CARTE POUR RESPIRER
lundi 20.02.2012, 06:00 - Direct Lille
C'est un nouvel outil confié dans les mains des citadins : les Lillois peuvent consulter sur Internet la qualité de l'air, grâce à: une carte d'une grande précision (à quinze mètres près).
« Dans la région, on sait qu'on a une surmortalité due, entre autres, à la pollution », observe Philippe Mulliez. Le chef du service pneumologie de l'hôpital Saint-Philibert à Lomme apporte un argument épidémiologique : « C'est prouvé, des pics de pollution entraînent une surmortalité cardio-vasculaire, respiratoire et cancérologique ». Si le professeur juge à première vue la plateforme web « très intéressante », il invite les internautes à faire preuve de « bons sens » face aux données mises en ligne (comme « ne pas paniquer en cas d'alerte »). Et appelle les instigateurs du projet à « éduquer les patients ».
ATMO, réseau de surveillance de référence, répond qu'il n'a pour ambition que de démocratiser ses données. La carte est à prendre comme « un inventaire des émissions », dont les résultats n'ont pas vocation à être interprétés. « On n'a pas cherché à évincer des polluants, de même qu'on ne cherche pas à pointer du doigt des activités polluantes, affirme la direction régionale d'ATMO. On n'est pas la police de l'air. » Trois agents nocifs sont cartographiés dans cette étude : le dioxyde d'azote, les poussières en suspension et l'ozone. Sans surprise, le trafic automobile est le principal facteur de pollution dans la métropole. Pour l'heure, la carte couvre une zone centrée sur Lille et six communes limitrophes. « L'idée, c'est de ne pas en rester là », indique la direction. Le coût du logiciel est estimé à 60 000 E, financé en partie par le Conseil régional. q
D. L.
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