À SECLIN, LES ENFANTS « TWEETENT » EN CLASSE
lundi 12.12.2011, 06:00 - Direct Lille
Le réseau Twitter leur sert à apprendre à lire et à écrire.
| GÉNÉRATION |
Une forêt de doigts levés pour la lecture à haute voix et pour les exercices d'écriture... Seul Twitter suscite de telles réactions chez les CE1 de l'école de l'Immaculée Conception à Seclin, l'une des premières de France à utiliser le site de micro-blogging.
« Sur Twitter, il y a l'image, le son, mais ça ne leur enlève pas l'intérêt pour l'écriture, au contraire », sourit Céline Lamare, institutrice. Depuis septembre, elle intègre aux cours des séances de « tweets », ces courts messages instantanés de cent quarante caractères maximum, parfois accompagnés de photos et de vidéos, que s'échangent les abonnés à Twitter.
Chaque matin, elle allume le tableau interactif, sorte d'écran d'ordinateur géant connecté à Internet, qui remplace le traditionnel tableau noir. Les Tweets d'autres classes, françaises, belges et canadiennes s'affichent. Presque tous sont volontaires pour les lire à haute voix. La photo d'un paysage enneigé postée du Canada suscite l'enthousiasme des enfants, qui tentent de traduire la phrase en anglais qui l'accompagne. « Pendant la journée, s'il se passe quelque chose d'intéressant sur Twitter, on prend dix minutes pour l'expliquer », si cela ne perturbe pas le fonctionnement normal de la classe, explique Céline.
Les enfants se mettent ensuite à rédiger des messages pour leurs correspondants, ou à leur préparer des dessins. Des activités très classiques pour des élèves de 7-8 ans, mais qui prennent une nouvelle dimension grâce à Twitter.
Plus de plaisir à l'école D'abord écrits à la main sur un cahier, les messages ne sont envoyés qu'une fois toutes les fautes d'orthographe corrigées. Des phrases simples et courtes (« Bonjour, je m'appelle Elise, j'habite à Seclin et j'ai 7 ans »), parfaites pour le micro-blogging. La classe entre ensuite en effervescence, le temps de taper les messages sur l'iPhone de l'institutrice, ou en salle informatique. Twitter « donne du sens » aux apprentissages traditionnels, note-t-elle, car les élèves écrivent en pensant à ceux qui les liront. Même pour les élèves les plus en difficulté, « Twitter permet de libérer l'écriture ». « On peut discuter avec d'autres classes, donc on s'applique plus », confirme Valentine, petite blonde au sourire canaille.
Loin de remplacer les cours, Twitter s'y « insère » très facilement, indique Mme Lamare. Selon elle, le micro-blogging ne déconcentre pas les élèves, « ce sont des "digital native" (natifs du numérique) ! Au contraire, quand il n'y a pas d'écran, ils n'écoutent pas. » Même à 7 ans, les écoliers ne sont pas des novices du numérique. Presque tous ont internet à la maison et apportent les photos destinées à Twitter sur une clé USB.
Quant aux parents, après une phase d'inquiétude liée à la mauvaise réputation des réseaux sociaux, « ils parlent maintenant du plaisir des enfants à venir à l'école », assure Mme Lamare. q
© AFP









