PLUS DE 2010 BONNES AFFAIRES
lundi 06.09.2010, 06:00 - Direct Lille
Des sourires, de la bonne humeur et du soleil : une année très réussie.
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Les antiquaires, brocanteurs et vendeurs de rien, ou de si peu, ont envahi tout le centre de Lille ce week-end pour la Braderie annuelle, immense bazar à ciel ouvert qui attire chaque année près de deux millions de chineurs.
Au point du jour pour la plupart, deux jours avant pour certains autres, les exposants répartis sur 100 kilomètres de trottoirs en coeur de ville ont déballé leurs étals hétéroclites comme le faisaient jadis les domestiques, autorisés une fois l'an à vendre pour leur profit les vieux objets de leurs maîtres.
Quelque 10 000 emplacements ont été réservés à la vente : de la boîte alimentaire jaunie à 1,50 euro au secrétaire en acajou à 400 euros, en passant par le cendrier Ricard, les services en faïence ébréchés et les dauphins en simili-cristal, tout se vend et tout s'achète.
Installé aux abords du square Jean-Baptiste-Lebas, antre de la chine, Saadi Kader participe à sa dixième braderie. Avec ses deux jeunes fils, il propose des pots de chambre, des passoires et des luges en bois. Le public en raffole.
« La Braderie, c'est mes vacances. Je viens plus pour l'atmosphère que pour le chiffre d'affaires », assure ce brocanteur nancéen de 62 ans tout en refusant à une bradeuse pourtant déterminée un seul centime d'euro de rabais pour un sac en osier.
La Braderie de Lille, c'est tout... et n'importe quoi : ici, des revues estampillées « archives du ministère de la Défense », là des téléphones portables, baigneurs décapités et 33 tours rayés, jusqu'au tracteur Farmall des années 1950 vendu, avec sa couche de rouille, 1 500 euros par un décorateur de cinéma.
Henri et Irène, connus comme le loup blanc sur toutes les braderies de la région, collectionnent les puzzles.
« D'ici ce soir, on aura rempli nos cabas à roulettes. On se fixe un maximum de 40 à 50 euros par braderie. On a déjà acheté un puzzle de palmiers dans un coucher de soleil, 3 000 pièces à deux euros, c'est donné », se félicite Irène.
Les enfants, eux, déversent sur la chaussée leurs coffres à jouets. Sans états d'âme, Alice, Laure et Marie-Alix, 9 ans, sacrifient leurs livres de petites filles tandis que leurs grands frères vendent pop-corn et citronnade.
« Deux euros », annonce Alice. « Trois euros », corrige sa mère, Sabrina Michel, par-dessus son épaule.
La Braderie démarrait officiellement samedi à 14 heures et se terminait dimanche à 23 heures.
Mais les bradeux campaient in situ depuis plusieurs jours, gardant chèrement leurs emplacements et commençant à faire des affaires sous le manteau depuis jeudi.
« Depuis lundi, on dort dans la voiture. On a oublié les matelas et les couvertures, on a mal partout. Pour nous, la Braderie est sacrée, mais c'est une épreuve. On s'engueule copieusement entre exposants pour défendre notre territoire », confirme Fatma Fedal, de Roubaix, qui revendique plus de 15 braderies.
Boulevard de la Liberté, principal axe de circulation du centre-ville, les bradeux font du gras en regardant passer les coureurs du marathon : en deux jours, ils consommeront plus de 500 tonnes de moules, dont les coquilles vides ornent les trottoirs des rues piétonnes en tas pyramidaux.q
© FRANÇOIS KONG









