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LE COMBAT CONTINUE

vendredi 09.07.2010, 06:00 - Direct Lille

«Un chien sorti d'un refuge sera reconnaissant à vie», promet Dominique Dupont, chargée de communication à la LPA. «Un chien sorti d'un refuge sera reconnaissant à vie», promet Dominique Dupont, chargée de communication à la LPA.

| PROTECTION DES ANIMAUX  |

Bien caché derrière l'A 25, le refuge de la Ligue protectrice des animaux de Lille semble abandonné. La façade grise du bâtiment présente une petite cour où seuls les aboiements des chiens résonnent.

Deux camions vides sont prêts à partir à la recherche des animaux perdus. En fait, c'est derrière ces murs que la fourmilière s'active. Un travail organisé, fixé sur une seule et unique priorité : apporter aux chats et aux chiens délaissés tous les soins et l'attention nécessaires avant qu'ils ne trouvent une nouvelle famille... S'ils en trouvent une.
Il est 8 heures, la LPA s'éveille Dans la cuisine de l'établissement, Fabrice, 54 ans, prépare les rations des pensionnaires. Il se passionne pour le combat de la LPA depuis qu'il a dix ans. « Je m'occupe du nettoyage des gamelles, puis je prépare à manger », explique-t-il. Au menu pour les chiens : des croquettes. « Avec du riz » car c'est meilleur pour leur digestion. Pour les chats, même chose. « Je ne sais pas ce que les entreprises mettent dans la pâtée pour rendre les chats si fous, mais ce n'est pas ce qui leur faut pour un bon équilibre », indique Dominique Dupont, la chargée de communication des lieux.
Heureusement, la Ligue protectrice des animaux du Nord de la France, basée à Lille, Roubaix et Calais, ne paie presque pas la nourriture de ses pensionnaires. « Cela représente 300 kgs par jour, soit 250 000 euros par an », ajoute-t-elle. Les supermarchés les fournissent pour la plupart en invendus ou en produits endommagés.
La matinée se termine Les chiens et les chats ont mangé. Ils attendent avec impatience de la visite. « Nous avons des bénévoles qui viennent pour les voir, les amener dans l'herbe et jouer avec eux », explique Dominique Dupont. Le seul problème est l'assiduité selon elle. «  Beaucoup viennent une fois, deux fois, puis ne viennent plus. Il faut à chaque fois former ceux qui arrivent. » Comme elle le décrit : «  un refuge, c'est à mi-chemin entre la prison et l'hôpital ».
Le couloir des abandonnés Quelques centimètres séparent les chiens en attente de soins de ceux disponibles à l'adoption. « Tous les animaux qui arrivent sont séparés pour ne pas qu'ils se transmettent de maladies », précise Dominique. De la même manière, chaque animal entrant fait l'objet d'un test de comportement par un éducateur diplômé avant d'être proposé. Les chiens dangereux « de catégorie A » sont, eux, immédiatement écartés du chemin de l'adoption. La porte s'ouvre alors. Les chiens aboient à n'en plus finir. Les labradors, les caniches, les bâtards, les Jack Russels font le beau. Ils sautent, ils agitent leurs pattes... « Ils ne souhaitent qu'une chose... », termine Dominique. Inutile de dire la suite.
Le repère des chats Pas question pour les chats de se laisser aller à la mauvaise humeur. Dans leur repère, ils sont une trentaine à se côtoyer dans de tendres miaulements. Sur l'un des murs, plusieurs planches sont posées pour que les chats puissent se suspendre. Tout en haut, dans un des recoins, l'un deux est recroquevillé. Il a peur. « C'est là que se nichent les nouveaux arrivants, fait remarquer Dominique Dupont. Les chats n'aiment pas trop vivre en groupe. Il leur faut quelques jours pour s'habituer à vivre en communauté. » 14 heures. Arrivée à la « LPA oubliée » La LPA de Roubaix est basée Quai de Gand depuis des dizaines d'années. « L'état du refuge est scandaleux », se désole la chargée de communication. À l'intérieur, des abris en tôle, des préfabriqués, où les rongeurs ont élu domicile, sont installés pour répondre à l'afflux d'animaux recueillis. « La LPA de Roubaix concerne 81 communes. C'est pourquoi la Ville ne veut pas à elle seule financer un nouveau refuge », affirme-t-elle. Alors le personnel et les bénévoles font avec les moyens du bord. Cet après-midi, Brigitte, 64 ans, retraitée, vient «  comme tous les jours », s'occuper des chiens. « Je fais la lessive, je ramasse les couvertures sales et je les nettoie.
 » Une activité qu'elle prend à coeur. « Parfois, je me dis que je vais faire autre chose dans la journée. Je pars prendre le bus pour Lille. Mais arrivée à l'arrêt, je fais demi-tour et je viens ici... C'est plus fort que moi. » Fin de journée Il est 17 heures, une dame arrive à la LPA à la recherche d'un chat « accidenté ». Une façon pour elle de sauver un animal dont personne ne voudrait. Pourtant ce sont souvent ces animaux qui font l'objet de toutes les attentions, conclut Dominique Dupont.q
X. S.


© DIRECT LILLE

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