La fin de la trêve hivernale, le retour des inquiétudes
jeudi 18.03.2010, 06:00 - Direct Lille
© AFP (ARCHIVES)
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Après quatre mois et demi de trêve hivernale, les expulsions locatives peuvent à nouveau être à l'ordre du jour depuis lundi.
Samedi, plusieurs milliers de personnes ont manifesté déjà. Surtout à Paris, parfois dans les régions. Signe d'une inquiétude qui refait surface, alors que la mi-mars marque aussi la fin de la trêve hivernale pour les expulsions locatives. Difficile printemps, qui ravive aussi les critiques des associations. Le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, s'est prononcé contre un moratoire sur les expulsions locatives. Mais a aussi rappelé aux préfets la nécessité de prévoir un relogement pour les personnes expulsées.
« Tout est bloqué dans la métropole lilloise. Pour nous, il ne devrait pas y avoir d'expulsions car il n'y a pas de solutions », estime de son côté Pierre Rose, secrétaire de l'association Droit au logement pour le Nord - Pas-de-Calais. La semaine n'a pas encore été marquée par les expulsions. « Ce sont les élections, donc ça calme le débat », assure encore Pierre Rose, selon qui la Préfecture se penche surtout, pour le moment, sur des dossiers plus anciens. Juste un petit délai apparemment. « La semaine prochaine, il y a de fortes chances que ça reparte, surtout chez les propriétaires privés », suppose-t-il. Et s'attend à une année plus marquée par la crise. « On le voit, c'est de plus en plus difficile pour les gens. Même les bailleurs sociaux s'en rendent compte. » Avant l'expulsion, quelles solutions donc ? « Une meilleure prévention passe nécessairement par une intervention sociale le plus tôt possible », a estime le secrétaire d'Etat au Logement. Dans la foulée, le gouvernement a annoncé la mise en place d'un numéro vert.
Dans le Nord, l'agence départementale d'information sur le logement (ADIL) l'a mis en place depuis 2007. Objectif : répondre au mieux aux questions des gens, qu'ils soient des locataires inquiets, ou à qui on a signifié un congé, ou des propriétaires qui ne savent comment agir. Une équipe de 16 juristes, répartis sur le département, propose des rendez-vous. « On ne peut donner que des conseils, mais on prend le temps », raconte Elisabeth Heuls, juriste à l'ADIL. Du temps précieux pour répondre au mieux aux inquiétudes, dans un climat parfois tendu quand les locataires se sentent surtout perdus. « Il faut agir dans la prévention, pour éviter l'expulsion, pour éviter aux gens de vivre quelque chose de très traumatisant », estime encore la juriste. L'année dernière, près de 3400 personnes se sont tournées vers l'ADIL pour une information ou de l'aide. Le nombre est en hausse. A la mesure aussi des inquiétudes des nombreuses associations, à nouveau sur le pont en quête de solutions. Perrine Tiberghien Numéro vert ADIL : 0800 359 359.







