Fuir le bonheur...
vendredi 12.02.2010, 06:00 - Direct Lille
| DÉDICACE |
Un Léger passage à vide, le dernier livre de Nicolas Rey, se transforme de plus en plus en triomphe de librairie. Et ce n'est que justice.
L'alcool est devenu son meilleur ami, la coke, une très bonne copine et les médocs, sa progéniture. Nicolas, le narrateur du livre, va mal. Il le sait, le sent. Regarde ailleurs pour faire diversion mais lorsque Marion, sa femme, lui demande la couleur du canapé du salon, il est incapable de répondre. Elle se casse. Normal, il a un fils maintenant !
Cure de désintox. Clinique Jeanne-d'Arc pour bouter les stupéfiants hors du corps. Nicolas en bave mais il le fait en gardant le stylo droit, le sourire aux lèvres. Tout ce qu'il faut éviter au risque de perdre pied dans cette époque est recensé dans le livre. Scrupuleusement. Facile, il a tout testé. Les taxis de 7 heures du mat pour rentrer (trop tard ! A cinq heures, c'est encore jouable), les pipoles poudreux, les soirées vaseuses, les SMS nocturnes expédiés du fin fond de la salle de bain... Le catalogue est long, le tangage perpétuel. Pas facile de nos jours de faire le toréador avec les 4x4 de l'avenue Junot. Singe en hiver un peu bancal, Nicolas Rey sait comme personne faire glisser des dialogues dans sa prose, esquisser le pas de côté qui rend l'existence acceptable, terminer ses chapitres (Il s'y exerce beaucoup).
Et le bonheur dans tout ça ? Il est là, pas très loin. Entre deux phrases. F. Launay Un Léger passage à vide. Édition Au Diable Vauvert.










